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| | Le courant gel passe par ici | |
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 Tyler Archer
 | Sujet: Le courant gel passe par ici Mer 28 Déc - 21:41 | |
| Une tonnerre d'applaudissements, des filles qui hurlent et non, il n'est pas à une de ces représentations dans un bar miteux de Seattle, concluant la chanson Smells Like Teen Spirit. Il est plutôt dans une salle luxueuse, bondée, avec des filles qui tendent des billets. Il est à Aphrodite, la maison du sexe et il vient de se déshabiller complètement, nue comme un verre, pour les dames et une poignée de mecs dans la salle, car il y en a toujours. La musique finit, il ramasse son caleçon et le remet rapidement une fois derrière les rideaux, avant de filer dans sa loge. Il demeure toujours silencieux après un numéro, comme dans sa bulle, il eut quand même un sourire en comptant les billets, qu'il mit sur une sorte de petit bureau avec un miroir en face. Il venait de se faire un bon montant, c'était une bonne chose. Pour ce soir, il avait d'ailleurs terminé. Il pouvait se rhabiller et partir. Il y avait encore beaucoup de brouhaha partout, alors il alla fermer la porte de la loge où il se trouvait. Enfin tranquille, il revient au bureau et sort un paquet de cigarette. Oui, c'est un vilain défaut fumer et à dire vrai, il n'est pas vraiment un fumeur, mais de temps en temps, un petit cigarillos ou une petite cigarette, ça le détend et avant un spectacle ou après, dépendant du temps, il aime bien fumer. C'est mieux que l'alcool après tout, ça n'altère par les sens. Avec son briquet argenté, il allume donc sa cigarette. Encore en caleçon, la cigarette au coin de sa bouche, encore un peu en sueur à cause de la chaleur de spotlight, il se passe une main dans les cheveux et approche d'une sorte de rac où sont cordés des vêtements. Il y a les siens d'ailleurs. Il empoigne sa chemise et l'enfile vite. Même pas le temps de la boutonner que la porte s'ouvre assez vivement et que Rebekah débarque. Il la voit par le miroir et ne se donne même pas la peine de se retourner. Quand la porte s'ouvrit, il avait entendu "Flora". Ah oui, Flora, mais Flora n'est pas là. Bon, qui est Rebekah? D'abord, ce qui saute aux yeux, c'est combien cette fille est incroyablement belle. Triste à dire, mais on ne s'étonnait pas vraiment qu'elle soit une travailleuse du sexe. Enfin triste, il y a pire comme existence. L'autre jour à la pause, une prostituée s'évertuait à lui expliquer, et Seven a tenu un discours semblable, qu'ici, elles sont protégées, bien traitées, que les clients ne les maltraitent pas et qu'elles ne sont pas soumises à des criminels non plus. Une bonne chose sans doute. Pourtant, même si cette fille plait à Aaron et qu'en tant normal, il ne s'en priverait pas, il s'est toujours montré distant avec elle, comme avec la plupart des filles comme elle, qui ont le même métier. Des remontrances de son éducation très chrétienne? Le simple fait de ne pas vouloir faire parti du camp des clients? Parce qu'on ne sait jamais trop avec ces filles. Éprouvent-elles encore du plaisir à coucher avec un homme, ou une femme, ou bien est-ce que c'est juste devenu mécanique? Et puis, Aaron n'a pas non plus envie d'être l'entre-deux de personne, pas même d'une fille canon. Alors comme défaite, il accueille Rebekah assez froidement: -Comme tu peux voir, elle n'est pas là. Tu peux fermer la porte en t'en allant.Pas de bonsoir, pas de comment ça va. Il n'y aura rien de tout cela. Juste une voix froide, presque détaché, un peu marmonné parce qu'il avait sa cigarette au coin de sa bouche et il restait dos à elle, ne la regardant même plus vraiment à travers le reflet. À dire vrai, il commençait juste à reboutonner sa chemise par en bas et il attendait qu'elle parte. | Spoiler: | | |  |
Dernière édition par Aaron E. Wellington le Ven 27 Jan - 14:08, édité 1 fois |
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 | Sujet: Re: Le courant gel passe par ici Jeu 29 Déc - 1:20 | |
| Je sortais de ma chambre lorsque je l’aperçus. J'étais surprise. Surprise et enthousiaste. Alors, très vite, j'ai fait demi-tour. Je suis rentrée dans mes quartiers. Je m’y suis enfermée même à clé. Cette fois, je voulais l’entendre frapper à ma porte. Je voulais qu’il s’annonce. Je refusais qu’il constate par lui-même ces émotions qu’il éveille en moi. Car oui. Petite idiote, je me farde devant le miroir. Je rajuste ma queue de cheval et courbe mes cils d’un peu de mascara. Je voulais me sentir belle, qu’il me trouve désirable, à la hauteur de ses espérances parce qu’il est bien le seul. Le seul client qui m’émeut autant. Alors oui, alors que je déverrouille ma porte, je suis anxieuse. Anxieuse et impatiente. Dieu que je déteste ce sentiment. Il n’est pas vraiment moi. Ne me ressemble pas. Très tôt la vie m’apprit qu’on ne prétend pas recevoir instantanément ce que l’on souhaite plus que tout. Pour atteindre nos rêves, il faut se battre. Car tout à un prix. Tout. La liberté, le confort, le sexe. Tout se quantifie et l’Aphrodite le vérifie. Moi-même je porte une étiquette. Contre une poignée de billets, je deviens la propriété d’un homme quand je n’en désire qu’un seul. Un sénateur. Un sénateur qui tarde à passer le seuil de ma chambre.
Cinq bonnes minutes – peut-être plus - se sont écoulées avant que je ne quitte ma prison dorée. Emerik n'était pas là, à moins que je l'ai confondu avec une autre. Quoiqu'il en soit, je me devais d'en avoir le coeur net. Je cheminai donc dans le couloir à tâtons pour me diriger vers la chambre d'Enora. Enora. Cette « amie » avec qui je dois, contre mon gré, partager les bras de mon bel Apollon. Malheureusement, plus j’approche, plus s’anime mon palpitant dans ma poitrine et, plus il tambourine, plus j'ai peur. J’ai peur d’être surprise l’oreille collée contre le bois de chêne. C’est vrai mais, je crains davantage la rumeur qui s’en échappera. Toutefois, rassemblant mon faible courage, je réponds à mes desseins . Et là. Là, je reconnais sa voix. Cette voix sensuelle qu'il ne devrais - si j'en crois ma folie - ne destiner qu'à moi. Ainsi, le doute n’est plus permis. Je ne suis pas sa favorite et qu’il soit détenteur de ma virginité n’y changera rien. Quel triste constat. Quelle pathétique tableau que j’offre en témoin au mur luxuriant du couloir. La douleur m'étreint telle une amante avide. Mes yeux s'embuent de larmes. Je retiens mes sanglots mais, j'ai besoin de parler sans trop savoir à quel saint me vouer.... si ce n’est à Flora. Flora et ses conseils amènes. Flora et sa douceur. Flora, ma seule amie en ses lieux maudits. Flora, mon ange déchu qui s'inquiète tant pour moi.
Marchant à bon train, j’ai pris la direction des loges. Je devais faire vite. Il était déjà tard. Elle rentrerait bientôt chez elle et, je dois l’admettre, attendre le lendemain pour délester mon cœur de ce poids me semblait insurmontable. Châtiment peu enviable pour une putain de pleurer l’intérêt d’un homme pour qui nous ne sommes rien. En cet instant de trouble, je donnerais tout pour retourner auprès de mon père. Ce vendeur d’esclaves que j’ai longtemps détesté. Oui. Je retournerais volontiers à ses côtés et ce, qu’importe le traitement qu’il m’aura réservé. Je redeviendrai son punching-ball s'il le veut. Je ne protesterai plus. Jamais plus. Je serais sa servante. Son exutoire. Il me ruera de coup et je le remercierai. Je le remercierai de cet enfer aux allures de paradis pour toutes les catins de rue. Tout ce que je n'étais pas, au final. J'avais un foyer. Un foyer certes sans chaleur mais qui préservait mon intégrité. Dieu que cette situation me pèse. Mon enfermement, ma rancœur, mes regrets. Ces sentiments sont si tenaces que je ne parviens à réprimer mes larmes. Elle coule à flot à présent.
Plus vindicative qu’à l’accoutumée, moins discrète, moins réservée, je pénétrai vivement dans les vestiaires des strip-teaseurs en hélant mon ainée. Aucune réponse. Du moins, immédiate. Une voix masculine et peu familière me répondit froidement que l’espérée était absente. Liam. Aaron pour les intimes, ce que nous n’étions pas. Pas un salut. Pas un bonjour. Il serait davantage plus poli avec un chien qu’il ne le sera jamais avec moi. Je ne supportais pas ça. Il ne savait rien de moi et, j’en étais certaine, il me jugeait. En tant que prostituée, je n’étais pas digne de son estime. En ces temps difficiles, j’en fus outrée. Plus que de raison peut-être. Moi, Bekah, habituellement si douce et si réservée, je ne maîtrise plus mon effronterie. J’avance rapidement jusqu’à lui, les deux pieds bien ancrés dans le sol, droite comme un I et fière comme un paon. « Tu peux me dire bonjour tu sais. Tu n’en mourras pas. Je ne suis pas un chien Liam. J’ai l’air d’un chien ? J’ai l’air de mériter que tu me jettes comme ça, sans même me dire si tu sais où est Flora ? » sifflais-je avec colère sans pour autant crier, sans hurler. Je m'accordai simplement le droit d'exprimer à voix haute ce que je pense tout bas à l'aide de mots secs et bien acérés. Dommage que mes larmes ne ternissent mon effet. Il aurait été beau, sans les bavures de mon ricil.
Finalement, je me suis radoucie. J'ai laissé retomber mollement mes bras le long de mon corps décharné. J’ai même baissé un peu la tête, refusant d’ajouter à mon malaise la honte de me montrer si vulnérable et, d’une voix plus suppliante que je ne l’aurais voulu, je l’implorai de me dire où était Flora : « Excuse-moi. Je ne voulais pas être désagréable. J'en ai juste marre, c'est tout ! J'en ai marre d'être ici. Marre que tous les hommes me traitent un peu comme tu le fais aujourd'hui... sans oublier le pire évidemment. Soit, j’ai vraiment besoin de la voir. J’ai besoin de lui parler. Je.... »
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|  | |  Tyler Archer
 | Sujet: Re: Le courant gel passe par ici Jeu 29 Déc - 21:42 | |
| Aaron est un type sympathique, en général, mais quand il décide qu'il prend quelqu'un en grippe, qu'il prend ces distances d'une personne, il peut se montrer aussi froid et insensible qu'un iceberg. D'ailleurs, en 2012, ce sera le centenaire du Titanic. Vous savez, le jour où un pauvre iceberg s'est fait heurté de plein fouet par un immense paquebot transatlantique. Une grande tragédie ça. Bref, pas trop de digression, il faut rester dans le sujet. Aaron était donc froid et distant envers Rebekah. Pour toutes sortes de raisons, aux limites du hasard qui plus est. D'abord, Aaron se "méfie" des filles de joie. Il ne veut pas commencer à les fréquenter. Les avoir comme collègue ne lui pose aucun problème et il ne va pas les juger à voix haute, être leur ami ne le dérange pas non plus, mais coucher avec elle, c'est un "no way". Pourtant, il y a une exception qui confirme la règle, Seven, mais avec elle, c'est différent. Puis, il a fallu très patiente avec le beau blond et elle a réussi à lui montrer que quand elle couche avec lui, elle ne le traite pas comme un client, même si son expérience la sert bien sans doute.
Par contre, s'il peut faire croire qu'il est froid, distant et insensible, ce n'est pas sa véritable nature pour autant, ce n'est pas l'homme qu'il est. Bon acteur, il est excellent dans ce rôle, mais c'est un masque, une façade. En vérité, c'est quelqu'un de sensible, enfin, il ne se met pas à pleurer en écoutant du Chopin, mais il a des émotions comme tout le monde. Alors disons que, pour rester dans le thème du froid, la réaction de Rebekah ne le laissera pas de glace, même si en apparence, son visage sembla presque resté impassible, il y avait bien au moins de la surprise dans ces yeux. Ainsi, il tendait l'oreille et fronça des sourcils en entendant, non pas une porte se fermer, mais bien des bruits de pas venir vers lui. D'instinct, il se retourne alors et à l'air qu'elle avait, il était convaincu qu'elle allait l'engueuler, la jolie Russe. C'est bien ça, ça nationalité non? Et puis elle a peut-être un petit accent? Rah, Aaron a toujours un faible pour les belles femmes avec des accents étrangers, c'est exotique voyez-vous. Bref, elle ne va pas jusqu'à l'engueuler comme du poisson pourri, mais elle fait savoir son mécontentement disons. Ne détournant pas des yeux du sien, il était assez fier pour faire face et lui aussi, il a du caractère. Enlevant la cigarette dedans sa bouche, il la tient entre l'index et le majeur de sa main et souffle la fumée, pas sur la blonde quand même, il tasse la tête de côté un instant, question de ne pas l'enfumer.
-Ça va, te frustre pas. Si je savais où elle était, je te l'aurais dit. Oh et bonsoir en passant.
Contente? Il lui a dit bonjour, il lui a avoué qu'il ne sait pas où est Flora, ce qui est vrai, il ne l'a pas vu ce soir, peut-être qu'elle ne travaille pas, ce qui tombe mal pour la jolie blonde sans doute. Il se détourne d'elle et retourne au meuble avec un miroir, tenant ces pantalons dans son autre main, toute cette histoire l'avait empêché de boutonner sa chemise. Il écrase sa cigarette dans le cendrier et relève le regard vers Rebekah à travers le miroir, dont le visage semblait miné, triste. Ah non, pas ça... Cette pauvre en avait marre de son boulot et bien qu'il ne pouvait sans doute pas tout comprendre, il pouvait se douter de ce qu'elle ressentait et il avait été, sans le vouloir, la goûte d'eau qui faisait déborder le vase. Posant ces pantalons sur le bord, il ne résiste pas à l'appel d'une âme en peine. Le regard plus doux maintenant, cherchant à être rassurant, il abandonnait un instant ces habitudes distantes avec elle. Du reste, il est le grand frère de deux sœurs, alors il a de l'expérience en la matière. Il pose doucement ces mains chaque côté des épaules de la jeune femme et lui dit juste:
-Hey, Rebekah, viens t'asseoir un peu, je pense que tu en as bien besoin.
Sans nécessairement trop insister, il l'invite à s'asseoir sur la chaise où il était quelques instant plus tôt. Lui, il reste appuyer contre l'espèce de meuble avec le miroir. Faudra un jour qu'il trouve comment on appelle ça d'ailleurs. Vous savez, les danseuses s'y assoient et s'y maquillent. Rah, c'est quoi le nom? Peu importe, il s'y appuie le bas du dos et observe un peu Rebekah, sans trop savoir quoi faire ou quoi dire, il ne la connait pas beaucoup, mais il a deviné qu'elle avait besoin de se confier. Ceci dit, il n'est peut-être pas le meilleur pour se rôle.
-Inutile de t'excuser tu sais, c'est moi qui a pas été très correct avec toi. Ya des journées comme ça, faut pas chercher à me comprendre...
Façon comme une autre de justifier son comportement, il est trop orgueilleux pour s'excuser à son tour, mais bon, c'était des excuses à mots couverts ce qu'il vient de dire.
-Si tu veux, tu peux attendre tranquille ici et je pourrais aller chercher Flora.
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|  | |  Tyler Archer
 | Sujet: Re: Le courant gel passe par ici Ven 27 Jan - 14:08 | |
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